La 2e Journée nationale des actifs immatériels a réuni hier, à Paris, plus de 350 personnes dans un climat estival et détendu mais studieux. La matinée a été dense et riche en exposés originaux. L’intervention introductive de Luc Rousseau, directeur général de la DGE du ministère de l’Économie, comme celle de Benoît Battistelli, directeur général de l’INPI, en clôture de la matinée, ont permis de recadrer les enjeux macroéconomiques et l’importance des immatériels dans la compétition mondiale, la reconfiguration des modèles de croissance et l’avènement d’une économie de l’intelligence.
Cela dit, cette année, les organisateurs ont volontairement privilégié les aspects microéconomiques avec des exposés concrets et pratiques proches des préoccupations du terrain. Il s’agit en effet de sensibiliser au plus vite les entreprises aux immatériels en affichant une démarche pragmatique. Il est temps d’apprendre en marchant et de passer à l’action même si les théories sont encore balbutiantes.
De ce point de vue, deux présentations exemplaires ont marqué la matinée : celle, dans le secteur public, de Julien Anfruns, directeur financier du Musée du Louvre, qui a présenté la démarche de valorisation du capital culturel, du capital marque et du capital savoir de cette grande institution, en particulier dans le cadre de la réussite exceptionnelle de l’opération Abu Dhabi, et, celle, dans le secteur privé, de Gervais Pellissier, directeur général finance de France Télécom qui a exposé la mise en place d’un nouveau tableau de bord de « management par l’immatériel. »
L’essentiel de la matinée a été consacré à la présentation détaillée du nouveau référentiel de l’Observatoire de l’Immatériel, dont la nouvelle grille, à la fois améliorée et simplifiée, sera très prochainement mise en ligne sur ce site. Les qualités pédagogiques d’Alan Fustec, directeur scientifique de l’Observatoire, président de Goodwill Management et Professeur à HEC, ont permis de donner corps à la méthode proposée par l’Observatoire. « Celle-ci doit encore progresser, mais même si notre quantification des mesures est encore empirique et non scientifique, l’évaluation est déjà beaucoup plus pertinente qu’une approche purement qualitative. »
Panel 1 : (de gauche à droite) Daniel Delorge (SAS France), Georges Epinette (CIGREF), Mario Hecklen (DCF), Pierre-Yves Poulain (ANDRH), Alexandre Guillard (Afope), Marc Salez (DFCG).
Simultanément deux panels, composés par les associations professionnelles et animés par Daniel Delorge, directeur général de SAS France, réagissaient en temps réel sur les contraintes et les difficultés rencontrées concrètement au sein des huit grandes directions fonctionnelles des entreprises.
Panel 2 : (de gauche à droite) Alain Quevreux (ANRT), Florence Hussenot (ADETEM), Alain Chatenet (CDAF), Christophe Rouvière (SFAF), Marc Salez (DFCG).
Autre présentation originale et exclusive, Alexis Karklins Marchay, président du Comité scientifique de l’Observatoire de l’Immatériel et associé Ernst & Young, a présenté une étude portant sur la communication relative aux actifs immatériels dans les rapports d’activité des entreprises du CAC 40. Il en ressort un grand paradoxe, curieusement les actifs les mieux évalués, dans le cadre des opérations de fusion/acquisition, ne sont pas ceux dont parlent les rapports d’activité annuelle !
Si au cours de la matinée les participants étaient surtout en phase d’écoute, ils ont pu largement s’exprimer au cours des 10 ateliers parallèles de l’après-midi dont l’animation et les conférences métiers étaient assurées par les associations professionnelles * partenaires de l’Observatoire de l’Immatériel.
Après la présentation en plénière de la synthèse des travaux et des réflexions des différents ateliers, Jean-Marie Descarpentries, le président de l’Observatoire a conclu la journée. Il a en particulier tenu à encourager et valoriser le rôle de pionnier de tous les participants à cette journée. Et après avoir présenté l’immatériel comme la 12e et ultime révolution des méthodes de management, il a formulé de nombreuses suggestions relatives aussi bien à l’amélioration des définitions sémantiques, au pilotage et à la valorisation des actifs immatériels. Son souhait étant que la France accélère le mouvement et affirme son avance en la matière, notamment en créant des postes de responsable des actifs immatériels. Il a enfin félicité toute l’équipe de l’Observatoire, et en particulier le rôle déterminant de son secrétaire général, Frédéric de Ligondés, pour le travail accompli.
Nous mettrons en ligne, dans les prochains jours, le maximum de documents et de références relatifs à cette journée que les intervenants voudront bien nous transmettre.
* ANDRH, AFOPE, CIGREF, DCF, ANRT, ADETEM, SFAF, CDAF, DFCG et la Fondation Nicolas Hulot.