Mis en place en 2006, le label "Entreprise du Patrimoine Vivant" (EPV) compte désormais près de 700 entreprises. Il s’agit d’une marque de reconnaissance du ministère de l’Économie destinée à distinguer les entreprises françaises qui ont des savoir-faire rares, une histoire, une tradition technique d’excellence et dont la notoriété contribue fortement aux exportations françaises.
La manifestation organisée par l’Institut Supérieur des Métiers, qui délivre le label, avait pour but de favoriser les synergies entre les EPV et de mieux diffuser les mesures de soutien et d’accompagnement les concernant.
À cette occasion, Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des PME, du Tourisme, des Services et de la Consommation a signé deux conventions :
L’une avec UbiFrance afin de soutenir le développement à l’exportation des EPV (information, promotion, manifestations) ;
L’autre avec la SIAGI, société de caution mutuelle de l’artisanat et des activités de proximité, dans le but d’améliorer l’accès des EPV artisanales aux financements nécessaires à leur développement.
Selon Hervé Novelli, " le nombre des EPV labellisées augmente régulièrement et pourrait atteindre plusieurs milliers à moyen terme. L’un des problèmes majeurs concerne la transmission et de la déperdition de ces savoir-faire" A ce propos, Alain Audouart, président de la SIAGI, a cité la création en Rhône-Alpes d’un centre de formation spécialement dédié aux métiers rares. Pour Anne de Blénières, la présidente de l’Institut Supérieur des Métiers, " le label EPV joue un rôle essentiel de capitalisation des savoir-faire. L’objectif étant pour la France de préserver ces métiers d’excellence qui risquent de disparaître." L’ISM travaille actuellement à l’actualisation d’un référentiel de ces métiers sur le modèle de celui des métiers d’Art qui en compte 217."
L’annuaire des EPV est consultable sur : www.patrimoine-vivant.com
Sauvegarder les savoir-faire des façonniers de l’habillement
Parallèlement, Christian Estrosi, le ministre en charge de l’Industrie, organisait une réunion entre les principaux grands donneurs d’ordre des façonniers français de l’habillement. Cela concerne environ 150 sous-traitants, dont les effectifs varient de 10 à 300 personnes, pour un chiffre d’affaires global relativement faible de 80 et 100 millions d’euros. • En 2009, le carnet de commande aux sous-traitants français de ce secteur est en moyenne en recul de 25 à 30%, avec des cas allant jusqu’à 60 %.
Il s’agissait de recueillir les attentes des donneurs d’ordres et surtout leurs engagements à soutenir cette filière menacée par les délocalisations à bas coût. Il est clair que l’image du luxe français serait fortement affectée et dévalorisée si la clientèle apprenait que tout est fabriqué hors de France.
Sydney TOLEDANO, PDG de Christian Dior Couture, Nathalie RYKIEL, Christian ESTROSI, Ministre chargé de l’Industrie, Elisabeth QUIN, chargée de mission pour les industries de haute couture et de prêt-à-porter, auprès de Christian ESTROSI et Agnès B.
Un plan d’actions d’un million d’euros sera engagé, dont la moitié porte déjà sur la formation et la modernisation des façonniers notamment pour les initier au Lean-management, l’accompagnement stratégique, la coopération et l’utilisation d’une plate-forme coopérative de prototypage rapide, "e-proto". Ce plan piloté par l’UFIH et l’IFTH doit permettre de sauvegarder l’écosystème et les savoir-faire uniques des façonniers français qui font la notoriété du "Made in France". Un groupe de travail, animé par Clarisse Reille, a été constitué qui, d’ici à fin janvier 2010, doit rédiger une charte de bonne conduite. Celle-ci précisera les engagements des grandes marques de la mode et du luxe (notamment Dior, Chanel, Hermes, Céline,...) vis-à-vis de ces sous-traitants fragiles dont il faut aussi s’inquiéter de la formation et de la transmission des savoirs.