Par ailleurs, le profil du fraudeur évolue vers le middle management. Les entreprises sondées anticipent, dans l’année à venir, un accroissement de 9 points des détournements d’actifs (de 13% à 22%) et de 5 points de la fraude comptable (de 6% à 11%). La bonne nouvelle est que les dispositifs de contrôle interne détectent désormais une fraude sur deux. La tolérance zéro est désormais de mise (85 % des fraudeurs sont licenciés).
La pression croissante sur les salariés augmente le risque de fraude
Une grande entreprise sur deux (plus de 1000 employés) est touchée par la fraude dans le monde et en France alors que 30% de l’ensemble des entreprises sondées ont déclaré au moins une fraude au cours des 12 derniers mois.
40% des entreprises considèrent que la crise économique actuelle crée un climat propice à l’augmentation du risque de fraude. Cette augmentation est attribuée à trois principaux facteurs :
La pression au travail est évoquée par 68% des entreprises sondées. Parmi les multiples pressions engendrant un risque de fraude, 47% d’entre elles citent « des objectifs plus difficiles à atteindre » et 37% « la peur de perte d’emploi ». Viennent ensuite des critères liés à la motivation financière.
Le deuxième facteur cité par 18% des entreprises est l’accroissement des opportunités de fraudes au sein de l’entreprise. Conséquence des politiques de réduction des effectifs, la diminution de la taille des équipes affectées au contrôle interne contribue pour 62% des entreprises sondées à accroître ces opportunités. Les réorganisations internes et les redéploiements sont également des facteurs générateurs d’opportunités de fraudes.
Enfin 14% des entreprises citent des motifs de rationalisation de l’acte de fraude, ou autrement dit la capacité d’autojustification du fraudeur à passer à l’acte.
Une première traduction : l’augmentation de la fraude comptable et l’évolution du profil du fraudeur
La fraude comptable c’est à dire la présentation erronée et plus avantageuse des résultats d’une entreprise, connaît une forte augmentation : elle passe de 27% à 38% au niveau mondial de 2007 à 2009 et de 23% à 33% en France. Le détournement d’actifs demeure néanmoins la fraude la plus répandue : 67% des cas dans le monde et 53% en France.
L’évolution du profil du fraudeur est une autre traduction de l’impact du contexte économique sur la fraude. En 2009, 42 % des fraudes sont perpétrées par le middle-management contre 26% en 2007.
Une fraude sur deux est détectée par le contrôle interne
47 % des fraudes sont détectées en France grâce à des dispositifs de contrôle interne, soient 12 points de plus par rapport à 2007.
Dans le même temps, les entreprises durcissent les sanctions. Dans 85% des cas, le fraudeur est licencié alors que ce chiffre était de 40% en 2007.
Un accroissement important du risque de fraude au cours des 12 prochains mois
En 2009, les entreprises anticipent sur les 12 prochains mois un risque de fraude croissant, supérieur à celui anticipé en 2007 sur les deux principaux types de fraude : les détournements d’actifs (22% en 2009 contre 13% en 2007) et les fraudes comptables (11% en 2009 contre 6% en 2007).
Pour Dominique Perrier, associée au sein du département Litiges et Investigations de PwC : « en 2010, nous avons trois conseils à formuler aux entreprises : ne pas surévaluer les objectifs de leurs collaborateurs, maintenir une étroite supervision des équipes et poursuivre une politique de sanctions systématiques en cas de détection de fraudes. »
Méthodologie de l’étude
Cette étude a été conduite dans principalement 44 pays par PricewaterhouseCoopers en collaboration avec l’INSEAD. 3 037 entreprises ont été sondées entre juillet et septembre 2009.
L’étude mondiale (en anglais) est disponible sur le site : www.pwc.fr